Les Entretiens du CODAM avec Stéphane Benedetti Shihan et Régis Pasquereau

Les Entretiens du CODAM : Stéphane Benedetti

Une vie d’aïkido entre l’Europe et le Japon

Certains parcours ne se contentent pas de suivre une voie : ils l’éclairent d’un regard singulier, nourri aux sources vives de la tradition japonaise et enrichi par une profonde érudition. Stéphane Benedetti, Shihan 7ᵉ dan Aïkikaï, incarne cette rare synthèse entre l’exigence du tatami, l’amour de la transmission et une connaissance intime de la culture orientale.

Son engagement martial s’enracine dès l’enfance. À l’âge de cinq ans, il fait ses premiers pas sur les tatamis à travers le judo. Dix ans plus tard, en 1966, lors d’un stage de judo en Allemagne, il découvre l’aïkido sous la direction d’Asaï Katsuaki Shihan. La même année, sa rencontre avec Nakazono Shihan et Tamura Nobuyoshi Shihan bouleverse sa vision de la pratique. Dès lors, le jeune pratiquant choisit de dédier sa vie à l’étude approfondie de cet art du mouvement et de l’harmonie.

L’immersion japonaise et la quête orientaliste

Le cheminement de Stéphane Benedetti ne s’est jamais cantonné aux seules limites physiques du dojo. Orientaliste de formation, il plonge avec passion dans l’étude des langues et des traditions spirituelles de l’Asie : le japonais, le chinois classique, le sanscrit ainsi que l’histoire comparée des religions.

Cette soif d’authenticité et de compréhension culturelle le conduit tout naturellement au Japon, où il vivra durant neuf années. Sur place, il étudie sans relâche auprès d’enseignants remarquables aux approches complémentaires, notamment Nonaka Shihan à Miyazaki et Kobayashi Shihan à Osaka. Ces années d’immersion totale lui permettent de saisir l’aïkido dans son contexte d’origine, au carrefour de la rigueur technique, de l’étiquette et de la sensibilité philosophique japonaise.

Auprès de Tamura Shihan : compagnonnage, traduction et édition

À son retour en France, Stéphane Benedetti s’installe à Aix-en-Provence et poursuit un travail étroit auprès de Tamura Nobuyoshi Shihan. Cette relation privilégiée et fidèle constitue l’un des piliers majeurs de son parcours. Pratiquant assidu à ses côtés, il met également son érudition au service de son maître en traduisant et en éditant plusieurs de ses ouvrages de référence.

Grâce à sa parfaite maîtrise de la langue nippone, il est également appelé à assister et traduire Arikawa Sadateru Shihan lors de ses séjours en Europe. Traduire un grand maître du Budo n’est pas un simple exercice linguistique : c’est un travail de passeur, consistant à trouver les mots justes, l’image fidèle et la nuance exacte pour transmettre une pensée martiale subtile à un public occidental.

L’entretien en vidéo

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Mutokukaï Europe et l’esprit de transmission sans frontières

Cette vocation de transmission trouve une expression collective en 2001 avec la fondation de Mutokukaï Europe. Pensée à l’origine comme une amicale réunissant ses élèves à travers le continent, l’organisation s’est voulue un espace d’échanges privilégié pour les pratiquants attachés à la pédagogie de Tamura Sensei, plaçant le travail en commun et la liberté de recherche au cœur de la démarche. Après la disparition de Tamura Shihan, Stéphane propose à Malcolm Tiki Shewan de se joindre à lui afin de donner une nouvelle dynamique à cette belle aventure martiale.

Aujourd’hui installé près de Barcelone en Espagne, Stéphane Benedetti continue d’arpenter le monde pour partager son savoir. Son enseignement l’a mené dans de très nombreux pays d’Europe ainsi que dans les républiques de l’ancienne Union soviétique. Conseiller technique auprès de multiples fédérations nationales, il a même dispensé son art aux artistes du prestigieux théâtre Bolchoï de Moscou. Derrière cette trajectoire cosmopolite transparaît une vie d’itinérance féconde, faite de rencontres fraternelles et de pratique ininterrompue.

Un témoin vivant de l’histoire du Budo

Shihan, 7ᵉ dan Aïkikaï de Tokyo, auteur de l’ouvrage « Aïkido : Le Livre du Débutant », Stéphane Benedetti fait le lien entre les pionniers qui ont fait éclore la discipline en Europe, les maîtres qui l’ont formée au Japon et les nouvelles générations de budokas qu’il forme chaque jour.

Pour le CODAM IAIDO, recueillir la parole de Stéphane Benedetti, c’est offrir à notre communauté l’opportunité d’écouter un témoin capital et passionné : un homme qui a reçu directement des trésors de pratique auprès des plus grands maîtres et qui en perpétue la flamme sur les tatamis avec une liberté et une générosité intactes.

Galerie photos

Bonne écoute et bonne découverte.

Le CODAM IAIDO

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